Des microplastiques dans le Léman

Phénomène avéré au niveau mondial, la pollution des eaux par les microplastiques (taille inférieure ou égale à 5 millimètres [mm]) constitue une des problématiques les plus urgentes à traiter en matière de défense de l’environnement aquatique.

Le lac Léman n’échappe pas à ce phénomène. En effet, plusieurs relevés effectués par laboratoire GR-CEL de l’EPFL prouvent la présence de diverses matières plastiques dans l’eau. L’ASL désire mener une étude sur les sources potentielles de pollution du lac Léman par ces microplastiques.

microplastiques

Les échantillons seront triés par le laboratoire GR-CEL de l’EPFL selon le type de plastique.

Quelle est l’action menée par l’ASL concernant la pollution par les microplastiques ?

Notre association a monté un projet intitulé « Étude des sources potentielles de pollution du lac Léman par les microplastiques ». Les buts sont :

  • déterminer quelles sont les sources de pollution par les microplastiques.
  • évaluer l’importance réelle du problème sur l’écosystème du Léman.
  • proposer des moyens concrets pour minimiser cette pollution.

Pour y parvenir, l’ASL va effectuer des prélèvements d’échantillons d’eau de surface dans 10 affluents majeurs du Léman (Rhône aval, Rhône amont, la Venoge, l’Aubonne, la Veveyse, la Versoix, la Dranse (F), le Vion (F), le Foron (F) et la Morge (FR+CH)).

Par la suite, une phase d’analyse en laboratoire permettra de trier les microplastiques et de les catégoriser. Puis les échantillons seront analysés afin d’indiquer quelles sont les substances présentes. Ces analyses seront effectuées par le laboratoire GR-CEL de l’EPFL.

Les résultats seront communiqués aux autorités et au grand public afin de sensibiliser le plus grand nombre à cette problématique.

 

Quels sont les impacts de la pollution du Léman par les microplastiques ?

À l’heure actuelle, les conséquences avérées touchent essentiellement la faune lacustre. Oiseaux, poissons et mammifères sont les premières victimes. L’ingestion de débris peut entraîner l’obstruction des voies digestives et/ou respiratoires, et aboutir à la mort dans le pire des cas.

Une autre conséquence moins visible mais tout aussi problématique est l’ingestion des microplastiques par des organismes plus petits, comme le plancton, les moules, etc. Selon un rapport de l’EPFL, mandaté par l’Office fédéral de l’environnement (OFEV)1, l’ingestion est un fait avéré. Toutefois, l’impact dans la chaîne alimentaire, à savoir le phénomène de bioaccumulation, est fortement suspecté mais pas encore avéré. La métabolisation d’additifs présents dans certaines matières plastiques pourrait conduire les organismes situés plus haut dans la chaîne alimentaire à stocker des composants toxiques. En d’autres termes, l’humain, situé en haut de chaîne alimentaire, pourrait ingérer des quantités très importantes de produits nocifs en consommant des produits du lac, imitant ainsi le même phénomène actuel de bioaccumulation avec divers métaux lourds.

1Rapport « Évaluation de la pollution par les plastiques des eaux de surface en Suisse » de l’EPFL.

 

 

 

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