N°121 : Vairon, petit poisson mais grand bioindicateur

Le vairon, petit cyprinidé de 5 à 10 centimètres, a été élu poisson de l’année 2026 par la Fédération Suisse de Pêche. Reconnaissable à son corps élancé aux reflets argentés, le mâle se transforme en période de reproduction : ventre et lèvres rouge sang, flancs vert émeraude et petits boutons blancs sur la tête.

Le vairon vit principalement dans les affluents, les zones littorales à courant modéré où il recherche des eaux claires, fraîches et bien oxygénées ainsi que des fonds graveleux indispensables à la reproduction. Espèce grégaire, il évolue en bancs compacts qui désorientent les prédateurs. Lorsqu’un individu est blessé, sa peau libère une substance d’alarme qui avertit ses congénères.

Des recherches génétiques récentes révèlent qu’en Suisse, au moins quatre espèces distinctes coexistent : le Vairon italien (Phoxinus lumaireul), le Vairon méditerranéen (Phoxinus septimaniae), le Vairon du Danube (Phoxinus csikii) et un vairon lacustre récemment identifié dans les grands lacs préalpins (Phoxinus sp. nov.). L’espèce longtemps considérée comme indigène, Phoxinus phoxinus, ne serait pas présente en Suisse. Cette diversité modifie profondément la compréhension de leur répartition et de leur vulnérabilité.

Maillon fondamental de la chaîne alimentaire, le vairon est une espèce sensible et un excellent bioindicateur de la qualité des habitats. Obstacles à la migration, colmatage des fonds, disparition des zones peu profondes, manque de structures naturelles, pollutions chroniques par les pesticides et micropolluants, excès de nutriments et réchauffement climatique fragilisent ses populations.

Autrefois visible près des berges du Léman, le vairon n’a pas été recensé lors de la dernière grande étude du peuplement piscicole en 2014, durant laquelle aucun individu n’a été capturé malgré 890 actions de pêche. Observé pour la dernière fois en 2003, son absence depuis lors soulève une question majeure : combien d’espèces disparaissent sans être remarquées ? Protégeons la qualité des habitats et des eaux pour préserver la diversité des espèces.

📷 Photo : Jonas Steiner, campagne « Fish of the year »

Source : Fédération Suisse de Pêche et Musée du Léman

 

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