Agir concrètement contre les espèces exotiques envahissantes pour favoriser la biodiversité des rives lémaniques
Depuis 2013, l’ASL mène le projet Halte aux renouées, une action d’envergure pour limiter la propagation des renouées asiatiques sur les rives du Léman. Ces plantes invasives menacent la flore indigène, accélèrent l’érosion des berges et bouleversent l’équilibre des milieux aquatiques.
Notre objectif, est de restaurer durablement la biodiversité des rives du Léman grâce à des actions d’arrachage régulier, de suivi écologique et de sensibilisation du public.
ATTENTION : pour les actions d’entreprise (volontariat d’entreprise, team building…), nous vous prions de bien vouloir remplir le formulaire pour les actions de bénévolat.
Les renouées asiatiques (Reynoutria japonica, Reynoutria sachalinensis, Reynoutria x bohemica) sont des espèces de plantes herbacées vivaces invasives de la famille des Polygonacées originaire d’Asie orientale, naturalisées en Europe dans une grande diversité de milieux humides.
Ces plantes vigoureuses leurs tiges creuses et érigées, souvent rougeâtres, rappelant celles du bambou. Le feuillage, disposé de manière alterne le long de la tige, se compose de grandes feuilles largement ovales à triangulaires, mesurant de 15 à 20 cm de long et brusquement tronquées à la base.
La floraison se manifeste en été par de petites fleurs blanches regroupées en panicules (grande inflorescence en grappes, ramifiée et lâche) à l’aisselle des feuilles.
Sous nos latitudes, les renouées asiatiques n’ont pas de prédateurs naturels capables de freiner leur expansion. Leur croissance rapide, jusqu’à 8 centimètres par jour pour atteindre jusqu’à 3 mètres de hauteur, leur permet de former des population denses et monospécifiques qui étouffent la végétation indigène et privent la faune d’habitats diversifiés.
Leur , dès la fin de l’hiver, leur donne un avantage sur les plantes locales, dont elles monopolisent la lumière, l’eau et les nutriments. De plus, leurs puissants rhizomes souterrains s’enfoncent jusqu’à plus de 2 mètres de profondeur, s’entendent dans un large réseau et libèrent des substances chimiques qui inhibent la croissance d’autres plantes.
Un simple morceau de tige ou de racine, parfois de moins d’un centimètre, suffit à régénérer une plante entière. Ces morceaux transportés par les crues ou les travaux de terrassement, colonisent rapidement de nouveaux sites.
Outre ses impacts écologiques, les renouées représentent aussi un risque pour les infrastructures : leurs systèmes racinaires superficiels favorisent aussi l’érosion des berges, soulèvent le bitume ou encore endommagent certains ouvrages.
En Suisse, la lutte contre les plantes exotiques envahissantes repose sur plusieurs textes fédéraux, dont la Loi fédérale sur la protection de la nature et du paysage (LPN) et l’Ordonnance sur la dissémination dans l’environnement (ODE). Depuis septembre 2024, les renouées asiatiques (Reynoutria japonica, Reynoutria sachalinensis, Reynoutria x bohemica) figurent à l’annexe 2.1 de l’ODE, interdisant leur plantation et leur utilisation directe dans l’environnement.
La lutte active relève toutefois de la compétence des cantons : le canton de Vaud, par exemple, a inscrit une obligation de lutte dans son règlement d’application (LPrPNP, art. 37), tandis qu’à Genève, cette problématique est intégrée à la stratégie cantonale pour la biodiversité.
En France, la lutte contre les renouées asiatiques ne fait l’objet d’aucune obligation nationale. Elles ne figurent pas dans les listes européennes ou françaises d’espèces réglementées, mais leur gestion s’appuie sur l’article L.411-3 du Code de l’environnement, qui permet aux collectivités de prendre des mesures locales pour prévenir leur propagation.
La lutte contre les renouées asiatiques repose sur une méthode simple, efficace et respectueuse de l’environnement : l’arrachage manuel régulier.
Entre mars et octobre de chaque année, les interventions sont répétées toutes les 3 semaines afin d’épuiser les réserves des rhizomes et d’empêcher la repousse. Cette approche, sans produits chimiques, permet aussi aux plantes indigènes de recoloniser progressivement les zones traitées.
Depuis 2013, l’ASL coordonne ces actions sur les rives du Léman, en collaboration avec les communes, les cantons, les associations locales et de nombreux bénévoles formés. Grâce à cette stratégie patiente, plusieurs sites fortement infestés sont aujourd’hui presque totalement débarrassés des renouées.
Si vous découvrez des renouées asiatiques dans votre jardin, ne les tondez pas et ne les coupez pas : cela favorise leur propagation.
La méthode la plus efficace pour s’en débarrasser consiste à arracher régulièrement les jeunes tiges à la main, plusieurs fois par saison, afin d’épuiser les réserves du rhizome.
Tous les déchets de renouées doivent être incinérés, ne les jetez jamais au compost ni dans les déchets verts.
En cas de doute ou de foyer important, contactez votre commune oupour obtenir des conseils de gestion adaptés.
Vous souhaitez agir concrètement pour la nature ?
Rejoignez l’ASL dans sa lutte contre les renouées asiatiques, une menace pour la biodiversité des rives du Léman.
C’est l’occasion de passer un moment en plein air, de faire des rencontres et de contribuer directement à la protection du lac.
Entre avril et octobre, nous organisons régulièrement des actions d’arrachage dans les cantons de Vaud, Genève, et en Haute-Savoie (F).
Vous recevrez toutes les informations nécessaires : lieux d’intervention, durée, matériel et tâches à accomplir.
Aucune expérience n’est requise, toutes les bonnes volontés sont bienvenues !
Cette action bénéficie du soutien de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), des cantons de Vaud et Genève, du Fonds Électricité Vitale Vert SIG et de la
En 2025, le projet Halte aux Renouées a obtenu le label Living With Rivers, qui valorise les initiatives locales œuvrant pour la préservation des fleuves et des milieux aquatiques.
L’ASL a également contribué au projet transfrontalier Interreg “Stop aux invasives”, de 2018 à 2022. Le rapport final et son résumé sont disponibles sur le site de l’HEPIA.
Forte de son expérience, l’ASL intervient aussi dans la formation professionnelle, notamment à travers les cours SANU consacrés à la gestion des plantes exotiques envahissantes, renforçant ainsi son rôle d’acteur de référence dans la région lémanique.
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Nous nous réjouissons de vous retrouver dès janvier pour poursuivre nos actions, partager des savoirs utiles et renforcer ensemble la mobilisation en faveur de la protection du Léman. Votre fidélité et votre engagement donnent tout son sens à notre mission, et nous vous adressons nos plus sincères remerciements.