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Végétaux aquatiques

Vous trouverez ici des informations sur les végétaux aquatiques du Léman

Chiffres clés

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La profondeur maximale de colonisation des végétaux aquatiques actuellement dans le Léman
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de l'oxygène qu'on respire provient des végétaux aquatiques
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espèces de végétaux aquatiques dans le Léman selon un recensement 2019 de la Cipel
Les végétaux aquatiques

Les végétaux subaquatiques du Léman sont souvent appelés, à tort, « algues », mais que le sont-ils tous vraiment ?

On trouve plusieurs types de végétaux aquatiques dans le lac dont voici les groupes les plus importants :

Les algues sont, le plus souvent, des organismes uni- ou pluricellulaires peu ou pas visibles à l’œil nu. Une loupe ou un microscope est nécessaire pour les identifier. Appartenant généralement aux organismes « flottants », elles font partie de ce que l’on appelle « le plancton » végétal (ou phytoplancton). Il existe aussi des algues similaires fixées sur les rochers ou les sédiments et sur des plantes ou des animaux.

Lorsque les conditions environnementales le permettent (température, nutriments, etc.), certaines de ces algues unicellulaires forment des colonies pouvant atteindre plusieurs mètres, alors visibles à l’œil nu. D’autres algues macroscopiques sont pluricellulaires, fixées sur un substrat ou libres dans l’eau.

Lorsque la concentration de cellules du phytoplancton est très forte, les eaux paraissent colorées en vert ou en brun, ou en rouge [1] selon le type d’algues.

Les algues se différencient des plantes aquatiques notamment par l’absence de tissus formant des organes tels que des racines, leur permettant de s’ancrer dans le sol et d’y puiser des nutriments. Les algues ne produisent pas non plus de fleurs mais se reproduisent de manière végétative (par bourgeonnement ou fragmentation) ou sexuée (gamètes mâles et femelles).

Les plantes aquatiques (ou hydrophytes) sont des plantes vasculaires à graines et à fleurs enracinées sur les fonds. Elles représentent une part importante de la végétation des zones littorales. Plusieurs espèces font des fleurs qui remontent jusqu’en surface en période estivale et sont donc facilement observables. Les graines peuvent alors se répandre par l’air ou par l’eau pour coloniser d’autres sites. Ces plantes possèdent un vrai système vasculaire avec des tiges et des feuilles, généralement plus souple que les plantes terrestres puisqu’elles évoluent dans l’eau qui les entoure.

Les characées sont un groupe de végétaux à part, considérées comme des macro-algues. Il s’agit de la seule famille encore vivante de l’ordre des charales dont les fossiles remontent à plus de 400 millions d’années.  Au niveau de leur structure cellulaire et leur mode de reproduction, elles sont proches des algues mais elles sont également visibles à l’œil nu et possèdent des rhizoïdes pour s’ancrer dans le sol.

Les bryophytes ou mousses aquatiques sont de petites plantes avec une tige et des feuilles. Elles sont toutefois dépourvues de véritables vaisseaux conducteurs et systèmes racinaires. Elles disposent de rhizoïdes permettant leur ancrage dans les sédiments ou leur adhérence aux enrochements littoraux.

Ces différents végétaux aquatiques submergés peuvent former localement de véritables prairies plus ou moins denses qu’on appelle des « herbiers ».

[1] Le lac de Neuchâtel a été temporairement (2020) envahi par une algue Cyanobactérie, vulgairement appelée « sang des Bourguignons » en référence à la bataille de Morat car elle colore les eaux en rouge. Elle est toxique, ce qui occasionné localement une interdiction de baignade.

La zone littorale lacustre, notamment grâce aux herbiers, est la zone la plus riche en faune et en flore du lac mais aussi la plus fragile. Elle constitue un système biologique complexe qui remplit des fonctions essentielles au bénéfice de tout l’écosystème lacustre. Loin d’être nuisibles, les herbiers servent de nourriture, d’habitat, de lieu de refuge, de reproduction et de nursery pour de nombreuses espèces animales : invertébrés (mollusques, crustacés, larves d’insectes…), poissons (Perche, Brochet, Gardon…) et oiseaux d’eau (Foulque, Fuligule, Nette rousse…).

Par ailleurs, les végétaux aquatiques (essentiellement le phytoplancton bien qu’il ne constitue que 1% de la biomasse d’organismes photosynthétiques de la planète) qu’on retrouve dans tous les milieux aquatiques du monde (rivières, lacs, océans, mers, étangs…), produisent la moitié ou plus de l’oxygène de notre planète.

Une image contenant extérieur, herbe, debout, homme Description générée automatiquement

Le Léman contient une grande diversité de plantes aquatiques

qui absorbe le CO2 et libère de l’O2 par photosynthèse (Alain Demierre)

Depuis la fin des années 1960, le Léman a souffert d’une pollution importante par les nutriments. Cet apport excessif, en phosphates notamment, a provoqué une explosion des algues et de certains végétaux qui empêchent la lumière de pénétrer dans l’eau et dont la décomposition provoque l’absorption d’une grande partie de l’oxygène du lac. Depuis les années 1970, la diversité des végétaux aquatiques a fortement régressé. De nombreuses espèces ont totalement disparu, et avec elles, plusieurs espèces de poissons et d’invertébrés.

Grâce notamment à l’Association pour la Sauvegarde du Léman – ASL qui a fait pression pour interdire les phosphates dans les produits de lessive et obligé les stations d’épuration à traiter les eaux usées, le niveau de phosphore, à l’origine de ce phénomène d’eutrophisation, dans le lac est passé de 90ug/L en 1980 à 20ug/L aujourd’hui. L’amélioration de la transparence de l’eau permet maintenant à la lumière de pénétrer plus en profondeur et ainsi aux plantes de se développer à nouveau sur les fonds lacustres. Ces dernières années, les characées [1] sont réapparues en nombre dans notre lac et avec elle… le Brochet !

Une image contenant extérieur, herbe, vert, debout Description générée automatiquement

Les herbiers servent de refuge à des nombreuses espèces, ici

le Brochet. (Christian Witschard)

Ce grand poisson emblématique de notre Léman, pond en effet ses œufs dans les characées auxquelles il est donc étroitement lié. De plus, sa technique de chasse se base principalement sur les cachettes que lui fournissent les autres plantes aquatiques comme le Potamot perfolié.

Une image contenant herbe, extérieur, foin, vert Description générée automatiquement

Ponte d’œufs de Brochet dans les characées. (Christian Witschard)

Avec l’amélioration de la qualité de l’eau, la diversité des végétaux aquatiques est en constante augmentation et avec elle, celle de la faune piscicole.

Les herbiers du Léman présentent des fonctions vitales pour l’écosystème lacustre qui justifient pleinement l’attention qui doit être portée à leur protection.

En tant que pêcheurs, vous pouvez prendre soin de ces herbiers, et ainsi des poissons, notamment en limitant le faucardage ou l’ancrage de vos bateaux dans les herbiers.

[1] La présence de zones de characées sur les fonds littoraux constitue un bioindicateur d’une bonne qualité des eaux  (milieu oligotrophe) car ces algues tolèrent mal les teneurs excessives en nutriments (phosphore surtout).

♣ Espèces présentes dans notre carnet de fiches de détermination (vendu dans notre boutique)

Algues

Les algues microscopiques présentent généralement de belles structures géométriques. Elles peuvent former des colonies de grandes tailles lorsque les conditions le permettent. Elles font partie du plancton, le terme désignant tous les animaux et végétaux microscopiques qui flottent dans le lac et forment la base de la chaîne alimentaire. ♣

 

Potamot perfolié

Le Potamot perfolié est une des plantes les plus courante de notre lac. Elle est facilement reconnaissable grâce à ses feuilles en forme de cœur qui entourent la tige. Elle forme des herbiers denses appréciés des jeunes poissons qui s’y cachent (Perches, Gardons, Brochets,…). ♣

Période de floraison : juin-juillet

 

Potamot pectine

Le Potamot pectiné se reconnait par ses feuilles filiformes. Cette espèce apprécie les eaux chargées en nutriments, c’est pourquoi elle dominait le lac lors des années où le Léman était plus pollué qu’aujourd’hui (1970-2000s). Depuis que la qualité de l’eau du lac s’améliore en étant moins saturée en nutriments, elle régresse, laissant la place à des espèces préférant des eaux plus limpides et oxygénées. ♣

Période de floraison : juillet-août

 

cornifle immergée

La Cornifle immergée est une plante particulière qui possède deux types de feuilles : les feuilles terminales sont très fines et bien vertes, les feuilles basales sont, quant à elles, plus épaisses, « en fourche » et plutôt verte-jaune. La Cornifle immergée présente la particularité de ne pas posséder de racines. On trouve cette plante dans certains ports car elle préfère des eaux eutrophes, soit riches en nutriments. ♣

Période de floraison : juin à août

 

Myriohpylle en epis

Le Myriophylle possède une tige rougeâtre (ou verte pour les jeunes pousses) et des feuilles ramifiées, finement divisées à la manière d’une plume. Cette plante est abondante et très répandue dans tout le Léman. ♣

Période de floraison : juin à septembre

 

Elodée du canada ou elodée du nuttall

Les élodées sont des plantes aquatiques exotiques, originaires d’Amérique du Nord et fréquemment utilisées en aquariophilie.

C’est à cause de l’élimination de poissons et plantes d’aquarium dans les milieux naturels par l’Humain que ces plantes sont apparues dans le Léman, au début des années 90. Il est très important de ne jamais relâcher dans la nature un animal ou une plante.

Les élodées sont des plantes basses, verticillées par 3. On distingue l’Elodée de Nuttall de l’Elodée du Canada grâce à ses feuilles plus fines et qui peuvent se courber. L’Elodée du Canada, quant à elle, possède des feuilles plus arrondies et plus larges.

Ces plantes fleurissent très rarement dans le Léman. On peut les observer dans de nombreux ports.

 

Characées

Elles sont reconnaissables par leur structure très fine et fragile et forment des tapis denses au fond de l’eau. Il existe plusieurs espèces de characées dans le Léman, mais elles sont difficiles à distinguer à l’œil nu.

Les characées servent de lieu de ponte pour de nombreux animaux et de nourriture notamment à la Nette rousse. Leur retour dans le lac après plusieurs années de disparition indique une amélioration de la transparence et de l’oxygénation de l’eau. ♣

 

Potamot luisant

Ce magnifique potamot est facilement reconnaissable par ses longues feuilles pointues et translucides laissant apparaître le contour des cellules en forme de carreaux. Les épis des fleurs sont également très longs. Cette espèce est abondante dans le Léman et constitue un bon habitat et lieu de ponte pour les invertébrés et les poissons.

Période de floraison : juillet

 

potamot crépu

Le Potamot crépu possède de longues feuilles ovales dont les bords sont finement dentés et ondulés ou crépus, comme son nom l’indique. L’espèce est répandue dans le Léman où elle pousse dans les eaux tranquilles, riches en éléments nutritifs.

Période de floraison : juin-juillet

 

Potmaot dense

Le Potamot dense possède une tige densément feuillée. Les feuilles sont opposées, allongées, de 1-2 cm et entourent la tige. Elle apprécie les eaux oligotrophes, c’est-à-dire pauvres en nutriments. Avec l’amélioration de l’oxygénation et de la transparence de l’eau du Léman, cette espèce est donc en train de s’étendre.

Période de floraison : juillet et août

 

Zannichellie des marais

La Zannichellie des marais ressemble un peu au Potamot pectiné, mais l’emplacement et l’aspect de ses fleurs les différencient. Elle possède aussi des feuilles filiformes mais les fleurs poussent à la base des feuilles, contre les tiges.

La fécondation a lieu sous l’eau et la période de floraison est de juin à août.

Potamot perfolié
Elodée du Canada
Characée
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