N°38 : Gare aux espèces invasives !

Qu’elles soient végétales ou animales, les espèces invasives sont pointées du doigt comme étant nuisibles aux indigènes, qui ne parviennent à lutter contre l’attaque de ces vilaines envahisseuses… Diverses actions, notamment « Halte aux renouées » organisée par l’ASL, visent à éradiquer ces espèces afin de soulager les indigènes et ainsi conserver la diversité locale. On l’aura donc compris, les espèces invasives sont néfastes pour nos écosystèmes, mais pourquoi ?

Une espèce est dite invasive, ou envahissante, lorsque sa prolifération dans un milieu naturel, qui n’est pas le sien, engendre des changements drastiques de composition, de structure et de fonctionnement dans l’écosystème colonisé. Afin d’y parvenir, elle doit réunir différentes propriétés spécifiques comme un grand pouvoir de multiplication, dans le but d’avoir un temps d’avance sur les espèces locales, mais aussi une capacité d’adaptation à tous les milieux et une haute résistance aux perturbations. En résumé, une espèce invasive met un désordre colossal dans ce qui l’entoure en provoquant une baisse considérable de diversité.
Mais comment UNE espèce peut chambouler tout un équilibre ? C’est bien simple, il a fallu des millions d’années pour que l’évolution sélectionne petit à petit les espèces les plus adaptées pour vivre ensemble dans un milieu donné. Cet équilibre est maintenu par la présence de chaque élément comme la maille d’un filet. L’espèce invasive va s’immiscer dans ce filet et le perturber en influençant les différents maillons jusqu’à les détruire peu à peu.

Le Léman est aussi victime de plusieurs envahisseurs tels que les Écrevisses américaines, porteuses d’un champignon anodin pour elles mais fatal pour nos écrevisses indigènes. Il y a aussi la fameuse Renouée du Japon, jolie et décorative mais véritable fléau pour les plantes moins compétitives, ou encore les Moules quagga et zébrée dont les populations ont explosé dans le lac.

Originaires d’Asie, les Renouées du Japon sont à l’équilibre avec les espèces qui les entourent dans leur milieu naturel. Elles sont même bénéfiques ; par exemple, les Renouées n’ont pas besoin d’un milieu riche pour se développer, elles colonisent les laves peu de temps après éruption, fertilisant ainsi les sols et permettant aux autres plantes de pouvoir recoloniser ces milieux. Chez nous, par contre, elles n’ont pas leur place et prenne celles de autres plantes indigènes.
En plus de leur capacité d’invasion comme point commun, l’origine de leur colonisation est la même ; l’humain. En effet, l’augmentation de l’activité humaine par la croissance générale, la mobilité et la mondialisation, sont les vecteurs principaux de ces migrations indésirées.

Invasives et meurtrières pour les milieux naturels, les espèces invasives sont jugées coupables. Toujours est-il, l’objectif reste le même, sauvegarder nos écosystèmes et leur biodiversité !

Pour plus d’informations, jetez un coup d’œil à nos trimestriels « Lémaniques », disponibles gratuitement sur notre site asleman.org :
n°60 « Invasion américaine dans le Léman »
n°113 « Peloton de moules au Tour du Léman »
ainsi qu’aux 60 secondes info de l’ASL « La triste histoire de l’écrevisse à patte blanche », à retrouver sur notre site asleman.org.

Crédit photo : David Aeschiman

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