N°91: Neige artificielle et ressource en eau

Aujourd’hui, une saison de ski peut durer jusqu’à 5 mois en débutant dès mi-novembre jusqu’à mi-avril et ce en utilisant de la neige artificielle. En 2019, 53% des pistes suisses étaient équipées pour être enneigées artificiellement. Cet essor est très gourmand en énergie. En 2018, des estimations indiquent que l’ensemble des canons à neige des Alpes représentaient la consommation électrique de Bâle-Ville, soit l’équivalent de 4273 gigawattheures. Une importante quantité d’eau est également nécessaire, en effet 500 litres d’eau sont utilisés pour produire 1m3 de neige.

L’eau utilisée n’est pas totalement perdue puisqu’elle réintègre en partie le cycle hydrologique grâce à la fonte des neiges. Or, avant de retomber au sol, la neige émise par les canons à neige connait plusieurs issues. Elle peut soit être emportée par le vent, passer de l’état solide à gazeux (ce qu’on nomme se sublimer) ou encore s’évaporer. La perte par l’évaporation représente environ 10%.

Mais d’où vient cette eau et comment arrive-t-elle en montagne ?

Une partie est conduite jusqu’en haut des montagnes à travers des canalisations souterraines. Tandis qu’une autre est stockée dans des bassins dits d’accumulation. Ainsi, pour alimenter ces bassins, l’eau est prélevée des ruisseaux, rivières et lacs et ce à plusieurs reprises en fonction de l’intensité de l’enneigement naturel. Pourtant, il faut souligner qu’en hiver ces derniers sont à leur niveau le plus bas. Il est donc impératif de maintenir une quantité d’eau minimale dans les cours d’eau et lacs après tout prélèvement afin qu’ils assurent leurs fonctions écologiques. En d’autre mots, Il s’agit de respecter un débit résiduel minimum pour permettre à la faune et à la flore de subsister dans leur milieu naturel.

En effet, la baisse du débit résiduel implique une diminution de la vitesse d’écoulement et donc restreint l’habitat d’espèces habituées aux forts courants. Ceci peut également gêner voire entraver la migration de certaines espèces telle que la Truite commune. La réduction du courant engendre un accroissement de matières en suspension qui peut à son tour modifier les conditions physiques et chimiques du lit des cours d’eau. De ce fait, les poissons qui fraient dans les graviers, comme la Truite commune et l’Ombre de rivière peinent à trouver des lieux de pontes adaptés en voyant les frayères se colmater avec des sédiments fins. Certains organismes benthiques (vivants au fond des rivières) risquent également de perdre leur habitat en raison de l’accumulation de matière. Ainsi, les zones de prélèvements ont des impacts directs sur les organismes aquatiques mais aussi sur la dynamique des cours d’eau.

Enfin, quels seront les effets sur les milieux naturels d’une telle mobilisation d’eau durant tout un hiver avec un retour décalé au printemps et une prolongation de la couverture neigeuse ? Les rythmes biologiques des espèces sont-ils capables de s’adapter à ces changements ? Les débits résiduels légaux sont-ils réellement suffisants ?

Sources :

Magazine Pro Natura (2022) – Neige artificielle : un conte hivernal en trompe-l’œil, pp.4-11.
Office fédérale de l’environnement (OFEV) (2009) ­- Prélèvements dans les cours d’eau, p.5
Libération (2004) – La poudreuse artificielle pas vraiment blanche comme neige

Crédit photo :

Légende : Lac d’accumulation de Chaux-de-Mont ©24 Heures

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