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N° 73 : Le croissant lémanique

Elle commence à dessiner…- Un croissant !- La lune ! – Tourne la feuille je n’y vois rien…- 𝗟𝗲 𝗟𝗲́𝗺𝗮𝗻 ! Une forme de croissant retourné, la pointe gauche fuyant vers le bas, c’est notre lac tout craché ! Cette représentation du lac est issue de la cartographie. 𝗥𝗲𝘁𝗼𝘂𝗿 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗮 𝗰𝗿𝗲́𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝘂 𝗰𝗿𝗼𝗶𝘀𝘀𝗮𝗻𝘁 𝗹𝗲́𝗺𝗮𝗻𝗶𝗾𝘂𝗲. La plus ancienne représentation cartographique qui est parvenue jusqu’à nous est celle figurant sur la 𝗧𝗮𝗯𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝗣𝗲𝘂𝘁𝗶𝗻𝗴𝗲𝗿, datant de l’Antiquité et recopiée à la Renaissance. Elle y figure le Léman en petit parmi les principales routes et villes de l’Empire Romain. Sur cette carte, il se nomme 𝗟𝗮𝗰𝘂𝘀 𝗟𝗼𝘀𝗮̀𝗻𝗲̀𝘁𝗲𝘀 (𝗟𝗮𝗰 𝗱𝗲𝘀 𝗟𝗮𝘂𝘀𝗮𝗻𝗻𝗼𝗶𝘀) 𝗲𝘁 𝗽𝗼𝘀𝘀𝗲̀𝗱𝗲 𝘂𝗻𝗲 𝗳𝗼𝗿𝗺𝗲 𝗽𝗮𝘁𝗮𝘁𝗼𝗶̈𝗱𝗲.

Les premières cartes régionales, centrées et cadrées sur la Suisse romande et la Savoie émergent à la Renaissance. Parmi elles, on recense notamment le 𝘓𝘢𝘤𝘶𝘴 𝘓𝘦𝘮𝘢𝘯𝘶𝘴 dans la carte du rhénan 𝗦𝗲́𝗯𝗮𝘀𝘁𝗶𝗲𝗻 𝗠𝘂̈𝗻𝘀𝘁𝗲𝗿 (𝟭𝟱𝟰𝟰) et le 𝘣𝘦𝘢𝘶 𝘓𝘢𝘤 𝘎𝘦𝘯𝘦𝘷𝘰𝘺𝘴 dans celle du genevois 𝗝𝗲𝗮𝗻 𝗗𝘂𝘃𝗶𝗹𝗹𝗮𝗿𝗱 (𝟭𝟱𝟴𝟴).Anecdote de cette dernière, il y a fait figurer une liste, aquarelles à l’appui, de 𝟭𝟵 𝗲𝘀𝗽𝗲̀𝗰𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗽𝗼𝗶𝘀𝘀𝗼𝗻𝘀 – plus les écrevisses et les huîtres lacustres – qui peuplent alors le Léman.

En 𝟭𝟲𝟬𝟱, 𝗝𝗮𝗰𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗚𝗼𝘂𝗹𝗮𝗿𝘁 s’inspire de ces deux représentations du Léman, « le têtard » de Münster et « le cœur » de Duvillard pour représenter le lac sous une forme qui se rapproche d’un croissant…ou d’un sourire !

En effet, la formation de théologien de Goulart intervient dans l’orientation de la carte – vers le Sud-Est, c’est-à-dire : Jérusalem. Cette orientation dite sacrée, était fréquente au Moyen-Âge, mais plus rare au 17e siècle. Elle nous offre cette perspective du « Léman-sourire ».

Le croissant lémanique va s’affiner et se préciser par la suite au gré des inventions techniques (triangulation notamment) et des codes cartographiques (nord en haut, échelle, emprise, légende…) jusqu’à s’établir dans l’imaginaire collectif.

Alors que la forme réelle du Léman a pendant longtemps occupé le travail du cartographe, la carte est aujourd’hui une aide à la compréhension et à la prise de décision. Autrement dit, « on passe d’une logique de représentation de l’information géographique à une logique de représentation géographique de l’information » (Joliveau, Noucher, Roche, 2013).

Source d’information : Lémaniques 111, Le Léman version numérique, Lémaniques 98, Le Léman sans dessus-dessous et Joliveau, Noucher, Roche (2013), “La cartographie 2.0, vers une approche critique d’un nouveau régime cartographique”, L’information géographique

Crédit photo : Table de peutinger, Carte de S. Münster (1544), Carte de J. Duvillard (1588), Carte de J. Goulart (1605),

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