N°25 : La dérive de l’Ouragan, chronique d’une montgolfière pas si fière!

Le 11 août 1907, pour l’inauguration de la Place de Milan à Lausanne, Louis Kaeser, aérostier, monte dans les airs pour faire un spectacle aérien avec son ballon, l’Ouragan. Gonflé au gaz de ville (900m3), il accueille deux passagers: MM. Von Blotzheim de Saint-Blaise et Margot, mécanicien à Neuchâtel. Il survole les coteaux du Lavaux lorsque la Bise se lève. En quelques minutes, le ballon se fait entrainer au milieu du Léman. Il est impossible de stopper sa course folle ou d’atterrir. Une violente bourrasque fait descendre rapidement l’Ouragan. La nacelle effleure l’eau. Le ballon se trouve au niveau de Rivaz à plus de 4 km de la rive suisse. Il est 6 heures, l’aérostier ne peut plus rien faire. Plouf ! Le ballon se couche sur le lac. Y’a-t-il un espoir pour ses occupants?

Le « Fram » du sauvetage de Lutry rentrant d’une promenade à St-Gingolph se trouve à 3.5 km des naufragés. Ces rameurs, sur de légères embarcations, partent à leur rescousse. Voyant que le ballon se relève, ils stoppent leur course effrénée, pensant que leur aide n’était plus nécessaire. Cependant, des cris des naufragés leur parviennent, ils reprennent donc de plus belle. Le « Fram » est le 1 er sur les lieux et secourt les naufragés. Le plus dur reste à venir : remorquer le ballon jusqu’à Rivaz.

D’autres embarcations en provenance de La Tour-de-Peilz viennent prêter main-forte, accompagnées du canot moteur de M. Moser (Cully). Un coup de vent survient. Le ballon faisant prise au vent, entraîne les embarcations, avec les 32 rameurs, en sens inverse, à plus de 20 km/h ! Les sauveteurs changent de tactique, certaines embarcations regagnent les côtes suisses, les autres conduisent les naufragés et le ballon sur la côte de Savoie. C’est à une heure du matin, après deux heures d’efforts, qu’ils parviendront finalement à rejoindre le rivage entre Meillerie et Evian.

Fourbus, fatigués et n’ayant pas mangés depuis midi, les rameurs s’octroient une collation bien méritée à St-Gingolph avant de repartir. C’est en chantant, pour éviter de s’endormir sur les rames, que les 2 équipes de Cully et Lutry regagnent leur commune respective.

Pour plus d’informations :

Crédit photo : Musée du Léman

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