N°30 : Et la truite fut !


Nous vous avons préalablement présenté le frai de la truite, sorte de nidification faite par celle-ci. Mais que deviennent ces minuscules petits œufs fécondés, laissés à eux-mêmes ?

Les œufs, avant d’éclore, entrent en période d’incubation pour le premier stade de développement. La durée de celle-ci dépend de la température des eaux ; les œufs doivent atteindre une température totale de 420°. Qu’est-ce que cela signifie réellement ? Le principe est simple, il faut additionner les températures de chaque jour depuis la ponte jusqu’à obtenir un total de 420° (en théorie, bien évidemment). Ce qui signifie que l’incubation des œufs sera plus longue si les eaux sont froides, et plus courte si elles sont chaudes. Une bonne oxygénation des œufs est également cruciale pour leur bon développement. Si l’eau est polluée, boueuse ou contenant des matières en suspension, cela compromet la vie des œufs en les colmatant et les privant d’oxygène.

Arrive donc l’éclosion. Mais attention, le développement des alevins n’est pas encore terminé. En effet, n’ayant ni nageoire ni bouche, ils ne peuvent ni nager, ni s’alimenter. Afin d’être nourris, ils possèdent une vésicule vitelline, sac contenant des réserves nutritives, au niveau de leur cou, qui maintiennent les petits alevins en vie. Fragiles et vulnérables, ils se cachent dans le fond de la frayère, véritable pouponnière, à l’abri de la lumière dans les graviers, jusqu’à ce que la vésicule vitelline se résorbe et que leur développement touche à sa fin.

Quand la vésicule est totalement résorbée, les alevins sortent précautionneusement de leur frayère, afin de trouver de la nourriture. C’est l’émergence. En moyenne, seulement une vingtaine d’œufs, sur les centaines pondus, atteignent ce stade. D’abord, les alevins restent dans les zones proches de leur frayère, puis ils commencent à gagner du terrain, en défendant activement leur territoire. Leurs zones favorites sont peu profondes et à faible courant, ce qui paraît raisonnable pour un alevin fragile qui rentre en croissance. Vous les retrouverez aussi dans les végétations en surplomb ou en-dessous de bois mort, abris stratégiques pour se cacher des prédateurs. C’est uniquement à partir d’un ou deux ans que certaines truitelles quittent leur rivière et migrent vers le lac. Les autres restent toute leur vie dans le cours d’eau qui les a vu naître. Les spécialistes ne peuvent encore expliquer pourquoi certaines truites migrent et d’autres choisissent de rester dans les rivières. Encore mystérieuse, la truite ne cessera de nous fasciner.

Informations tirées de la brochure d’information du Bureau suisse de conseil pour la pêche FIBER et de l’article « La truite et son habitat » du site Truites et rivières.

Crédit photo : ©Bureau suisse de conseil pour la pêche FIBER et ©Uwe Kils

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