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N°77 : La folle invasion de la Moule quagga (1/2)

Impossible de les rater ! Elles sont partout, s’incrustent sur les roches, tapissent les fonds vaseux du lac et envahissent inexorablement les plans d’eau européens. On ne les compte plus, tant elles sont nombreuses, plusieurs milliers par mètre carré. Elles, ce sont 𝗹𝗲𝘀 𝗠𝗼𝘂𝗹𝗲𝘀 𝗾𝘂𝗮𝗴𝗴𝗮.

Le nom vernaculaire de Dreissena bugensis provient 𝗱𝘂 𝗻𝗼𝗺 𝗱’𝘂𝗻 𝘇𝗲̀𝗯𝗿𝗲 𝗻𝗼𝗺𝗺𝗲́ 𝗤𝘂𝗮𝗴𝗴𝗮 𝗼𝘂 𝗖𝗼𝘂𝗮𝗴𝗴𝗮, rayé seulement sur l’encolure et l’avant du corps. Comme sur le Quagga, les rayures de la moule disparaissent au niveau de sa face ventrale.

Polymorphe, à maturité elle mesure 𝟮𝟬 𝗺𝗺 𝘀𝘂𝗿 𝗺𝗮𝘅𝗶𝗺𝘂𝗺 𝟰 𝗰𝗺. Elle est munie de cils lui permettant d’aspirer l’eau (un à plusieurs litres par jour) dans sa cavité grâce à un « siphon inhalant » et en extraire ainsi des particules alimentaires (phytoplancton, zooplancton, bactéries, et même leurs propres larves).

La Moule quagga 𝘃𝗶𝘁 𝟯 𝗮̀ 𝟱 𝗮𝗻𝘀 dans les eaux douces et tempérées de lacs, rivières et canaux mais n’apprécie toutefois guère les eaux bien oxygénées à courant fort où elle peine à se fixer au substrat.

Unisexuée, à fécondation externe, très efficace, 𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗮 𝗹𝗮 𝗰𝗮𝗽𝗮𝗰𝗶𝘁𝗲́ 𝗱𝗲 𝗽𝗿𝗼𝗹𝗶𝗳𝗲́𝗿𝗲𝗿 𝗺𝗮𝘀𝘀𝗶𝘃𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗲𝘁 𝗿𝗮𝗽𝗶𝗱𝗲𝗺𝗲𝗻t malgré une mortalité des larves véligères (stade larvaire de mollusques qui présente un voile cilié lui permettant de se déplacer dans l’eau) pouvant atteindre 99%.

Elle a en outre, comme ses congénères, 𝗹𝗮 𝗳𝗮𝗰𝘂𝗹𝘁𝗲́ 𝗱𝗲 « 𝗳𝗮𝗰̧𝗼𝗻𝗻𝗲𝗿 » 𝗹𝗲 𝗽𝗮𝘆𝘀𝗮𝗴𝗲 𝗲𝘁 𝗹𝗮 𝗾𝘂𝗮𝗹𝗶𝘁𝗲́ 𝗱𝗲 𝘀𝗼𝗻 𝗲𝗻𝘃𝗶𝗿𝗼𝗻𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 grâce à l’excrétion de pseudofèces, matières organiques qui se déposent et dont la composition a le pouvoir d’attirer ou éloigner d’autres organismes (d’où son rôle dit « d’ingénieur »).

𝗟𝗮 𝗤𝘂𝗮𝗴𝗴𝗮 𝗽𝗿𝗲́𝘀𝗲𝗻𝘁𝗲 𝗲𝗻𝗳𝗶𝗻 𝘂𝗻𝗲 𝘁𝗼𝗹𝗲́𝗿𝗮𝗻𝗰𝗲 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗶𝗰𝘂𝗹𝗶𝗲̀𝗿𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗲́𝗹𝗲𝘃𝗲́𝗲 𝘃𝗶𝘀-𝗮̀-𝘃𝗶𝘀 𝗱𝗲𝘀 𝘃𝗮𝗿𝗶𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗱𝗲 𝗰𝗼𝗻𝗱𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗱𝘂 𝗺𝗶𝗹𝗶𝗲𝘂 telles que la température, l’acidité, la turbidité et l’anoxie (manque de d’oxygène). Elle résiste aussi très bien aux substances biocides car elle dispose de moyens efficaces de détoxication et a la capacité de se fermer dans un environnement toxique pour elle.

Si l’on ajoute à ces atouts une vitalité phénoménale et la complicité involontaire de l’Humain, on comprend aisément qu’elle ait pu étendre si efficacement son aire de répartition. La confédération suisse prévient : 𝗣𝗮𝗿 𝘀𝗼𝗻 𝗱𝗲́𝘃𝗲𝗹𝗼𝗽𝗽𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗲𝗻𝘃𝗮𝗵𝗶𝘀𝘀𝗮𝗻𝘁, 𝗹𝗮 𝗠𝗼𝘂𝗹𝗲 𝗾𝘂𝗮𝗴𝗴𝗮 𝗽𝗼𝘂𝗿𝗿𝗮𝗶𝘁 𝗲𝗻𝗴𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲𝗿 𝗱𝗲𝘀 𝗰𝗼𝘂̂𝘁𝘀 𝗲́𝗰𝗼𝗻𝗼𝗺𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗲́𝗰𝗼𝗹𝗼𝗴𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗻𝘀𝗶𝗱𝗲́𝗿𝗮𝗯𝗹𝗲𝘀 !

Source d’information : Lémaniques n°113

Crédit Photo : Nicolas Marechal, 1793 & Moules Quagga

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